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Les Khmers rouges : ce qui s'est passé et où le comprendre

Rédaction · 09.08.2026

Les Khmers rouges prennent Phnom Penh le 17 avril 1975 et proclament l'année zéro. Les villes sont vidées, la monnaie et les écoles abolies, la religion interdite, et la population envoyée dans des coopératives agricoles. Entre 1,5 et 2 millions de personnes sur environ huit millions meurent d'exécution, de famine, de travail forcé et de maladies non soignées en trois ans et huit mois. Le régime tombe lors de l'invasion vietnamienne de janvier 1979.

Tuol Sleng

Un lycée de Phnom Penh devient la prison de sécurité 21, où au moins 12 000 et peut-être 20 000 personnes sont interrogées, torturées puis envoyées à la mort. Douze survivants sont connus. Les salles de classe ont été conservées avec leurs lits de fer et leurs photographies : le régime documentait chaque prisonnier à son arrivée, et les murs de portraits sont ce que la plupart des visiteurs retiennent. L'audioguide est excellent et indispensable. Deux survivants, Chum Mey et Bou Meng, ont souvent été présents à l'entrée.

Choeung Ek

À quinze kilomètres, l'un des quelque 300 champs de la mort, où l'on conduisait les prisonniers de S-21. Près de 9000 corps ont été exhumés des fosses ; des ossements et des tissus remontent encore après les fortes pluies, d'où la consigne de ne pas quitter les allées. Un stupa mémorial contient plus de 5000 crânes classés par âge et par cause de mort. L'audioguide inclut des témoignages de survivants et justifie deux heures.

Visiter

Les deux sites ouvrent tous les jours et sont réellement éprouvants. Habillez-vous comme pour des funérailles, ne faites pas de photos souriantes et ne traitez pas ces lieux comme un décor ; la consigne est affichée et régulièrement ignorée. Beaucoup de familles cambodgiennes y ont perdu des proches, et le personnel compte leurs parents.

Le tribunal

Une cour soutenue par l'ONU, active de 2006 à sa fermeture en 2022, n'a condamné que trois personnes : Kaing Guek Eav, commandant de S-21, et deux hauts dirigeants. Pol Pot est mort en 1998 sans procès. Le nombre dérisoire de condamnations reste une source de colère.

Après

Le pays est jeune : plus de la moitié de la population est née après 2000. Les Cambodgiens parlent volontiers de cette histoire si on l'aborde avec respect, et elle est enfin enseignée à l'école, ce qui n'a pas été le cas pendant des décennies. La comprendre éclaire beaucoup du pays que l'on parcourt.

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